Un nescafé bien serré, un bonjour et un sourire chaleureux de notre ami Rostone et nous voilà « presque » en forme pour attaquer cette première journée d’échange. Marine en stage sur le terrain, Corinne, Mathieu et Florian en cours. 8h00, salle de théorie. Brève présentation de chacun des participants puis quelques mots sur l’association et le but de cet échange. Le thème de la journée est la prise en charge des traumatisés. Comme d’habitude un peu d’épidémiologie triée de documents de l’OMS. Les 10 premières minutes on se sent comme des marrons sur le feu. Débarque alors le Commandant du service, un garde à vous sec fini de nous réveiller ! On nous prie de le suivre dans le bureau du grand chef. On laisse nos 20 acolytes en salle de cours. Là je me dis que ça va pas aider à briser la glace (eh oui ! Aussi par 33° au Burkina). Politesses d’usage, questions sur le projet, le temps passe. Retour en salle de cours, les 20 pompiers, tous cadre du service, en pleine palabre. Moment de doute sur notre présence, notre légitimité à être là. Corinne demande au commandant, qui a été notre interlocuteur dès notre première rencontre, de venir insister sur le principe de ces trois jours : l’échange.

Cette précision faite, on part en salle de pratique, pour une simulation d’accident qui servira de fil conducteur de notre journée. On avait imaginé ensuite travailler en deux groupes de 10, en utilisant un apprentissage par problème. On va vite changer de stratégie. Discussion animée et controverse sur la prise en charge simulée. Corinne nous propose de faire la même situation, avec nos propres techniques. Retournement sur la planche, retrait du casque, pose d’un pansement compressif, immobilisation. A nouveau discussion très animée. Ca va être chaud. Retour en salle de théorie pour débriefer le tout puis ajouter un peu de contenu théorique sur le garrot et la pose de la ceinture pelvienne. Finalement rien de plus pratique qu’une bonne théorie (IFFP, Lausanne, 2009, auteur j’m souviens plus). Fin de la matinée, on part manger dans l’hôtel d’en face. Un poulet Yassa et hop de retour au boulot.

L’après midi se déroule bien, la glace est cassée, le ton de l’échange devient sympathique. Brève introduction sur le traumatisme crânien et du rachis puis on repart avec de la pratique. Arrive un moment qui restera dans ma mémoire. Au moment de terminer une immobilisation avec « le plan dur » (ou planche en suisse romande), on constate qu’il manque un système d’immobilisation de la tête. Du coup on roule une couverture, deux bandes élastiques et le tour est joué. Silence dans la pièce. On comprendra au moment de la clôture du cours que ce simple geste, nous rendra presque plus africains que les africains en matière de système D. Je retrouve la sensation d’une simple discussion entre professionnels du terrain. L’ADN de cette association, échanger. Fin de la journée. Une bonne Brakina fera du bien à l’équipe. On se réjouis aussi de retrouver Marine pour discuter de sa première journée de stage.

F. Ozainne

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